Je ne saurais vous dire combien de temps j’ai passé à travailler mes techniques de développement photos durant les derniers mois. Dans l’optique de vous aider à ne pas vivre de nuits blanches, j’ai décidé de vous donner quelques modestes trucs que j’ai appris et de vous communiquer mon “workflow”. Notez que je n’utilise pas toujour ce workflow, parfois dans des conditions difficiles, exemple en tres faible luminosité ou dans un bar, ou lorsque je prends des photos dans un party je préfere utiliser le mode jpeg, srgb, normal.
Peut être une remarque philosophique. Traiter vos photos de cette façon ne produira pas de meilleures photos au sens propre. D’ailleurs, ce workflow à une particularité, il permet de faire ressortir autant les bons cotés d’une photo que les mauvais. C’est ainsi que parfois, lorsque je crois avoir une bonne photo, je me rend compte qu’en fait elle est très ordinaire car le processing que j’y applique ne lui apporte aucun avantage, elle est tout simplement “moche”. Vous ne ferez pas de meilleures photos en travaillant de la sorte vos productions, vous aurez par contre les outils nécessaires pour réaliser votre vision d’une scène bien saisie.
Mais tout d’abord, qu’est-ce qu’un “workflow”? C’est la série d’étapes qui, débutant par le transfert de photos de l’appareil vers l’ordinateur, produisent une photo dite finale, fin prête pour l’impression. Ensuite, il y a les outils. Je n’utilise pas un grand amalgame de logiciels, seulement ceux qui me permettent de travailler efficacement dans un environnement optimal.
Les outils :
- Adobe Photoshop
- Outil ultime de développement photo, inclus Camera Raw
- Adobe Camera Raw
- Outil permettant de développer un fichier raw (.nef sur nikon) vers un format intermédiaire
- Adobe Bridge
- Outil de gestion de bibliothèque photo.
- ePaperPress PTLens
- Plugin photoshop ideal pour corriger la distorsion, les aberrations chromatiques et le “vignetting”
- Peu cher (15$)
- NikSoftware DFine 2.0
- Plugin photoshop merveilleux pour réduire le bruit.
- Assez cher (100$). Pour les pauvres : facile a trouver sur piratebay.org (moi je l’ai acheté)
Et lightroom? Je n’utilise pas ce logiciel, je le trouve trop lourd, trop graphique, voir bonbon. Toutes les fonctionnalités de lightroom sont contenues dans adobe bridge et adobe camera raw.
Pour produire un résultat répétable, il faut aussi s’assurer d’avoir les bons paramètres dans le boîtier. Pour le Nikon D80 j’utilise seulement les paramètres suivants :
- Image format : .NEF (RAW)
- Color mode: Adobe RGB 1998
- High iso noise reduction : on
- Long exposure noise reduction : on
Tout les autres paramètres sont a votre discretion. Notez que toutes les optimisations comme saturation, sharpness, etc.. n’auront aucun effet si vous suivez les étapes de ce workflow.
Finalement, vous aurez aussi besoin d’un profil linéaire sous camera raw. C’est l’étape la plus importante. Ouvrez Adobe Camera Raw, si vous ne le trouvez pas, double cliquez sur une photo en .nef et il s’ouvrira. Vous allez ensuite, pour chacun des onglets, mettre tout les options a 0 (zero). Pour l’onglet des courbes vous la remettez bien droite (linéaire). Ensuite dans l’onglet profile, sauvegardez vos parametres sous le nom “Profil lineaire”.
Pourquoi? (C’est ici quon en apprend beaucoup)
Plusieurs débutant m’ont souvent fait la remarque disant que je modifiait mes photos et que ce n’était pas “fair”, que selon eux la photo qui sort du boîtier est celle originale. C’est en fait une erreur. Voici un peu comment ca fonctionne. Lorsque vous prenez une photo en mode jpeg, votre boîtier enregistre premièrement la photo en format “raw” dans sa mémoire, il applique ensuite tout les paramètres que vous avez configuré dans le menu image (sharpness, color balance, saturation, exposition etc..) Il sauvegarde ensuite la photo en format jpeg. L’appareil fait donc plusieurs modifications à la vraie photo originale. Lorsque vous prenez une photo en format raw (.nef nikon), l’appareil sauvegarde directement l’image du capteur sur votre carte mémoire, et y ajoute en entête les paramètres configuré dans le menu image. La différence se trouve au niveau de la destructivité. Pour le format raw, vous n’avez pas à accepter les modifications, elles ne sont que stockées en entête et sont donc subjectives. Lorsque vous lancez Camera Raw, l’image affichée est celle que vous auriez eu si vous auriez pris la photo en jpeg. En appliquant votre profil linéaire, vous reprenez possession de votre image, du contrôle de tout les paramètres. Évidemment, une fois le profil linéaire appliqué, il faudra développer la photo.
Résumé du workflow :
Je débute par choisir une photo sous Adobe Bridge et je l’ouvre avec photoshop, Camera raw s’affiche, à partir de là. pour chaque photo :
- Application du profil linéaire
- Ajustement de la balance des blancs
- Ouverture avec photoshop
- Ajustements avec PTLens si nécéssaire (rarement)
- Ajustements de base, aucun n’est obligatoire ca dépend des photos (layers, new adjustement layer)
- Levels (niveau)
- Saturation
- Exposition
- etc..
- Sauvegarde en .psd (Copie permanente de travail que je garde)
- Resize 950×636 bicubic, par défaut, pas de sharpen. (format de mon photoblog, evidemment si c’est pour imprimer je resize à la bonne taille)
- Filters, Smart Sharpen, habituellement: Lens blur, amount 100%, radius 0.2
- Edit, convert to profile, destination: srgb (Format std)
- Image, mode, 8bits
- Save to jpeg, quality: 12
L’ordre des étapes est très important, surtout pour le changement de mode. Si vous convertissez de AdobeRGB a sRGB en mode 8bits vous allez perdre de la qualité de façon assez évidente. Même chose pour le sharpen, ne jamais le faire sur l’original non redimensioné, c’est une opération destructive. D’ailleurs si vous remarquez bien, je ne sauvegarde en psd que les opérations non-destructives.
Voilà, j’espère que cela vous sera utile. Mes meilleures photos se retrouvent à http://www.etrange.ca/view et respectent toutes ce workflow.